Notre intervention à Moudon
Moudon a été la capitale des États de Vaud. Au treizième siècle, Pierre II de Savoie y installe le siège de son bailliage et la ville devient le centre administratif et judiciaire du pays. Il en reste une Ville-Haute d'une densité rare, inscrite à l'inventaire fédéral des sites construits d'importance nationale, avec son château, sa tour de Layaz et l'église Saint-Étienne.
Cette inscription a une conséquence directe sur un chantier de couverture. Sur ces bâtiments, le matériau, la teinte et jusqu'au dessin des ouvertures de toit ne se choisissent pas librement : ils se discutent avec la commune avant les travaux. Nous intégrons cette démarche à l'offre plutôt que de la découvrir en cours de route, car c'est le poste qui décale le plus souvent un calendrier.
La ville est double. La Broye la traverse et sépare une ville basse, installée au bord de la rivière, d'une ville haute posée sur sa terrasse. Les deux ne posent pas les mêmes problèmes. En bas, l'humidité de la rivière travaille les bas de pente et les ferblanteries. En haut, les maisons sont accolées, les rues étroites, et l'accès se règle avant tout le reste : sur certaines façades, l'échafaudage empiète sur le domaine public et demande une autorisation à lui seul.
Cinq cent quatorze mètres, dans la vallée de la Broye, à trente-sept kilomètres et demi de notre atelier. Notre chantier le plus proche est à Cortaillod, à trente et un kilomètres.