Notre intervention à Montreux
Montreux est une exception dans cette liste : trente-trois kilomètres carrés pour vingt-six mille neuf cent cinquante-cinq habitants, soit huit cents personnes au kilomètre carré — dix fois moins que Vevey, sa voisine immédiate. La commune ne s'arrête pas à la rive. Elle englobe Clarens et Territet au bord de l'eau, puis monte à Chernex, Glion, Caux et Les Avants.
Autrement dit : une seule commune, plusieurs métiers. En bas, à trois cent nonante mètres, le climat est parmi les plus doux du pays et l'on couvre comme sur n'importe quelle rive lémanique. Quelques kilomètres plus haut, la neige tient, le gel et le dégel se succèdent tout l'hiver, et les toitures réclament des crochets à neige et des pentes plus franches. Nous demandons donc toujours l'adresse exacte avant de chiffrer : ici, le nom de la commune ne décrit pas le chantier.
Le bâti de la rive ajoute sa propre difficulté. Les grands hôtels et les villas de la Belle Époque portent des toitures découpées — lucarnes, tourelles, épis, ferblanterie ornementale — où le travail du métal pèse autant que la couverture elle-même. C'est un ouvrage de ferblantier plus que de poseur de tuiles.
L'altitude commande aussi le calendrier. Sur la rive, une couverture se refait toute l'année ou presque. Dans les hauts de la commune, la saison est plus courte : on ne dépose pas un toit en décembre là où la neige tient, et un chantier lancé trop tard s'arrête sous bâche jusqu'au printemps. Nous en parlons au relevé, parce que la date de départ compte autant que le prix quand on habite au-dessus de mille mètres.
À soixante kilomètres de notre base.