Notre intervention à Lutry
Lutry s'étage sur quatre cent soixante mètres de dénivelé. Le bourg est au bord du Léman, à trois cent huitante-sept mètres ; le point haut de la commune atteint huit cent trente-cinq mètres, sur les pentes du Jorat. Entre les deux, le vignoble de Lavaux.
Cette amplitude fait deux climats sur une seule commune, et deux façons de couvrir. En bas, la douceur du lac, une humidité constante et un bourg médiéval aux maisons accolées, où quatre bâtiments sont classés biens culturels d'importance nationale — le château, le temple, l'église Saint-Martin et la maison De Prez. On y répare à l'identique, avec l'accord préalable de la commune, et l'accès se règle avant tout le reste : les rues du bourg n'acceptent pas n'importe quel engin.
En haut, à plus de huit cents mètres, on est dans un autre métier : la neige tient, le gel-dégel travaille les rives, et les bâtiments dispersés dans les vignes ou en lisière de forêt subissent le vent. Une même entreprise doit savoir traiter les deux, sans quoi elle ne couvre qu'une moitié de la commune.
Le vignoble ajoute sa contrainte propre. Les dépendances viticoles — caves, remises, murs de soutènement coiffés — sont des ouvrages modestes que l'on entretient peu et qui se dégradent lentement, jusqu'au jour où la charpente est atteinte. Un contrôle vaut mieux qu'une réfection.
Le territoire garde un alignement de vingt-quatre menhirs néolithiques, et la fête des vendanges s'y tient depuis mille neuf cent vingt et un. Soixante kilomètres nous en séparent : nous y intervenons sur des chantiers planifiés.