Notre intervention à Romont
Romont est perchée. Le bourg occupe une colline de molasse isolée au milieu de la campagne glânoise, encore ceinte de ses remparts, et culmine à sept cent huitante mètres. Cette position, qui l'a fait fortifier au treizième siècle, a une conséquence très concrète pour un couvreur : rien n'arrête le vent.
Sur une butte dégagée de tous côtés, ce sont les rives de toiture, les faîtages et les tuiles de bord qui prennent. Une tuile mal fixée en périphérie se soulève, entraîne ses voisines, et l'eau entre par le pignon. Nous fixons mécaniquement l'ensemble des rangs de rive et le faîtage complet, pas seulement les pièces les plus exposées, et ce sont ces lignes que nous contrôlons en premier lors d'un entretien.
Le bourg médiéval figure à l'inventaire fédéral des sites construits d'importance nationale. Les maisons y sont accolées le long de deux rues principales, les toitures continues, et la teinte des tuiles se vérifie auprès de la commune avant commande. Hors des murs, la commune est agricole : fermes de plaine, grandes toitures d'un seul tenant, et des interventions sans contrainte patrimoniale.
Cinq mille deux cent septante-six habitants, à trente-trois kilomètres de notre atelier.