Notre intervention à Orbe
Orbe conserve le plus grand ensemble de mosaïques romaines au nord des Alpes. Les pavements de Boscéaz, mis au jour à la sortie de la ville, rappellent qu'on bâtit ici depuis deux mille ans, et la ville en garde la superposition : un noyau médiéval dense avec son château et son église, puis les extensions du vingtième siècle.
Ce noyau ancien commande notre travail. Les maisons y sont accolées, les toitures se rejoignent, et l'on accède par des rues étroites où le camion ne se gare pas où l'on veut. Une reprise de couverture s'y organise autant qu'elle se pose : le levage et l'emprise au sol se règlent avant le premier échafaudage, jamais pendant.
L'autre visage d'Orbe est industriel. Nestlé y a construit une usine vers mille neuf cents et le site produit toujours. Ces bâtiments relèvent d'un autre métier : grandes surfaces plates ou à faible pente, étanchéité, relevés d'acrotère, évacuations intérieures. Un couvreur qui ne traite que l'un des deux ne couvre pas Orbe.
Entre les deux, la rivière. L'Orbe traverse la ville et a fait tourner ses moulins ; les bâtiments qui la bordent gardent une humidité que les autres n'ont pas, et cela se voit d'abord sur les bas de pente et les chéneaux.
Quatre cent septante-neuf mètres d'altitude, à quarante-deux kilomètres de notre atelier. Notre chantier le plus proche se trouve à Couvet, à vingt-quatre kilomètres.