Notre intervention à Fribourg
Fribourg est bâtie sur un éperon de molasse, dans une boucle de la Sarine. La ville s'étage : la Basse-Ville, au bord de la rivière, se trouve plusieurs dizaines de mètres sous la ville haute, et l'on passe de l'une à l'autre par des rues en forte pente. C'est la première chose que nous regardons avant de chiffrer un toit ici.
Le grès de molasse, la pierre du pays, commande le reste. Tendre et gélif, il supporte mal l'eau qui ruisselle : un chéneau percé ou une descente débordante ne tache pas seulement la façade, elle la creuse. Sur les bâtiments anciens de la Basse-Ville, la ferblanterie n'est donc pas un poste secondaire — c'est elle qui protège la maçonnerie, et c'est par elle que nous commençons un diagnostic.
Le noyau historique figure à l'inventaire fédéral des sites construits d'importance nationale, l'un des ensembles médiévaux les mieux conservés du pays. Teinte, format et pose des tuiles s'y vérifient auprès du service compétent avant toute commande, et les délais d'autorisation entrent dans le calendrier du chantier.
Trente-neuf mille habitants sur neuf kilomètres carrés, à cinq cent huitante-sept mètres, et à vingt-huit kilomètres de notre atelier seulement.