Notre intervention à Crissier
Crissier tient dans une courbe. Le village comptait cinq cent onze habitants en mille huit cent cinquante, deux mille soixante-huit en mille neuf cent cinquante, et dépasse aujourd'hui dix mille six cents. Vingt fois plus en cent septante-cinq ans, l'essentiel en deux générations.
Ce que cette croissance n'a pas emporté mérite attention. Le temple, ancienne église Saint-Saturnin, conserve un chœur gothique du quinzième siècle ; la cure date de mille sept cent quarante-quatre, le château du dix-septième, transformé à la fin du dix-neuvième, et le collège de mille huit cent soixante-huit. Sur ces bâtiments, la couverture ne se remplace pas : elle se répare à l'identique, en conservant les éléments encore sains et en remplaçant à l'unité ce qui ne l'est plus. C'est un travail au temps passé, que nous chiffrons comme tel.
Autour, le bâti est celui d'une commune de l'Ouest lausannois : immeubles de logements, surfaces commerciales, ateliers. Sur ces toitures récentes, la question n'est pas la réfection mais le suivi — un relevé décollé, une évacuation encombrée, un joint de dilatation ouvert. Ce sont des interventions courtes, à condition d'être faites avant que l'eau n'atteigne l'isolant.
La commune est aussi connue pour sa table, tenue successivement par quatre chefs dont la réputation dépasse largement le canton. Cela ne change rien à nos chantiers, mais dit quelque chose du lieu : on n'y est pas seulement de passage.
Quatre cent huitante-cinq mètres, à cinquante-cinq kilomètres de notre atelier.