Notre intervention à Ursy
Sous Ursy, il y a des caves. La molasse du sous-sol a été creusée sur deux cent vingt mètres de long et dix-huit de large pour y affiner du fromage, une activité qui occupe aujourd'hui plus de deux cents personnes. C'est une curiosité pour un couvreur : le principal bâtiment de la commune n'a pas de toit.
En surface, le bâti mérite l'attention. L'église Saint-Maurice, bâtie entre mille huit cent soixante-deux et mille huit cent soixante-huit, conserve son mobilier liturgique d'origine en marbre de Carrare et dix-sept verrières du vingtième siècle. L'école primaire, elle, date de mille neuf cent six et relève du Heimatstil — ce style qui a doté la Suisse de bâtiments publics aux toitures amples, aux avant-toits marqués et aux charpentes apparentes.
Ces toitures-là sont exigeantes. Les débords très saillants demandent des chevrons sains jusqu'à leur extrémité, or c'est précisément là que le bois souffre le plus : exposé, mal ventilé sous une sous-face fermée, il pourrit par le bout sans que rien ne se voie depuis le sol. Sur ce type de bâtiment, nous inspectons systématiquement les abouts de chevrons avant de parler de tuiles.
La commune s'est agrégée en plusieurs étapes, de mille neuf cent nonante et un à deux mille vingt-cinq, autour du village d'Ursy. On y a mis au jour en mille neuf cent nonante-sept des séchoirs-fumoirs d'époque romaine, uniques dans le canton.
Sept cent quatre mètres, à quarante et un kilomètres de notre atelier.