Notre intervention à Charmey
Charmey est la plus haute et la plus vaste des communes fribourgeoises où nous intervenons. Le village est à huit cent huitante et un mètres, et le territoire de Val-de-Charmey — né en deux mille quatorze de la réunion de Charmey et de Cerniat — couvre cent douze kilomètres carrés pour à peine deux mille sept cents habitants. Vingt-quatre habitants au kilomètre carré : c'est un ordre de grandeur qu'on ne rencontre nulle part ailleurs dans notre secteur.
Ces deux chiffres commandent le métier. L'altitude d'abord : à près de neuf cents mètres, la neige ne fond pas entre deux épisodes, elle s'accumule. La charge se calcule et les barres à neige sont un élément de sécurité, pas un accessoire, dès qu'un toit surplombe un accès. Le gel-dégel s'étale ici sur une bonne partie de l'année et descelle les tuiles de rive saison après saison.
La dispersion ensuite. Sur un territoire aussi vaste, les bâtiments sont répartis en hameaux, en fermes isolées et en chalets d'alpage, parfois au bout de routes qui ferment l'hiver. Un dépannage ne s'y organise pas comme en plaine, et nous le disons franchement : nous planifions les chantiers de Charmey hors des périodes à risque plutôt que d'annoncer une date que la météo décidera.
Le bâti d'altitude a ses règles propres. Les toitures d'alpage sont de vastes pans faiblement pentus, autrefois en bardeaux, souvent repris en tôle : ce sont des ouvrages simples mais exposés, où le vent trouve prise sous une plaque mal fixée et emporte de proche en proche.
La commune abrite la chartreuse de La Valsainte et un musée local. Quarante-cinq kilomètres de notre atelier.