Notre intervention à Le Pâquier-Montbarry
Montbarry a été une station thermale. Des bains y ouvrent en mille sept cent huitante-quatre, un grand hôtel s'y développe au dix-neuvième siècle, et la ligne de chemin de fer de la Gruyère y installe en mille neuf cent trois une gare bâtie en chalet. S'y ajoutent une église de mille huit cent quarante-trois et un carmel construit en mille neuf cent trente-six.
Cette histoire de villégiature a laissé une architecture particulière, et c'est elle qui nous occupe ici. Le style chalet, tel qu'on le pratiquait pour les hôtels et les gares de cette époque, se reconnaît à ses avant-toits très saillants, ses aisseliers, ses planches de rive découpées et ses lucarnes ouvragées. Ce sont de belles toitures, et des toitures difficiles.
La difficulté tient au bois exposé. Un débord d'un mètre cinquante protège la façade mais reste lui-même sans protection : les abouts de chevrons, les sous-faces et les découpes décoratives prennent la pluie battante et le gel, et se dégradent bien avant la couverture elle-même. Remplacer une planche de rive découpée suppose de la refaire à l'identique, au gabarit de l'existante, faute de quoi le bâtiment perd ce qui fait son caractère. Nous chiffrons ces éléments séparément, avec le temps de façonnage qu'ils demandent.
La commune est petite — quatre kilomètres carrés et demi — et compte près de mille quatre cents habitants, aux portes de Gruyères et de Bulle. Son territoire monte de sept cent dix-huit à mille cent septante-neuf mètres, le village étant à sept cent quarante-sept.
Quarante-cinq kilomètres de notre atelier.