Notre intervention à Vuadens
À Vuadens est né le premier peintre de poyas. Sylvestre Pidoux, actif au dix-neuvième siècle, a fixé cette tradition fribourgeoise qui consiste à peindre la montée à l'alpage sur un long panneau accroché en façade, sous l'avancée du toit. Ce détail dit quelque chose d'utile : dans ce pays, le débord de toiture n'est pas décoratif, il protège la façade — et ce qu'on y accroche.
C'est encore vrai aujourd'hui, sans peinture. Sur les fermes gruériennes, l'avant-toit abrite le bardage, les encadrements et le pied de mur. Quand il se dégrade — chevrons de rive attaqués, sous-face ouverte, chéneau qui déborde —, c'est la façade entière qui commence à travailler, et la réparation coûte alors bien davantage que l'entretien qu'on n'a pas fait. Nous regardons donc systématiquement l'état des rives et des débords, y compris sur une toiture qui ne fuit pas.
Le village est cité dès mille dix-huit, dans un diplôme du roi Rodolphe trois de Bourgogne. Son territoire reste agricole aux deux tiers, avec un couvert forestier important, et il garde la trace d'un passé industriel : les anciennes usines de lait en poudre abritent aujourd'hui d'autres activités.
Vuadens a gagné près de trente pour cent d'habitants entre deux mille dix et deux mille vingt-trois, davantage que la moyenne cantonale. Cela met côte à côte des fermes anciennes et des villas récentes, deux façons de couvrir qui n'ont ni les mêmes matériaux ni les mêmes attentes.
Huit cent trois mètres, à quarante-quatre kilomètres de notre atelier.