Notre intervention à La Roche
Il ne reste du château de La Roche que des ruines, mais elles disent l'essentiel : mentionné dès mille cent soixante-quatre, il commandait une seigneurie qui couvrait toute la vallée entre les hauteurs du Cousimbert et du Combert. Le village dépendit de la principauté épiscopale de Lausanne jusqu'en mille cinq cent trente-six, puis du bailliage de Bulle jusqu'en mille sept cent nonante-huit.
Cette position de fond de vallée, entre deux crêtes, décide encore aujourd'hui de la façon dont une toiture vieillit. Un versant reçoit le soleil du matin, l'autre celui du soir, et aucun des deux ne sèche comme un pan de plaine exposé plein sud. Sur les bâtiments installés au pied du versant nord, la mousse s'installe en quelques saisons, retient l'eau contre la tuile, et le gel achève le travail. Nous regardons donc l'orientation avant de conclure quoi que ce soit sur l'état d'une couverture.
La commune est vaste et très étagée : vingt-quatre kilomètres carrés qui montent de sept cent vingt-huit mètres à plus de mille sept cents. Près de la moitié du territoire est agricole, avec des fermes de montagne aux pans étendus, et des bâtiments d'alpage isolés en altitude. Ces derniers sont des ouvrages simples mais très exposés, souvent repris en tôle, où une plaque mal fixée s'arrache et emporte les suivantes.
Le village lui-même est à sept cent quarante-sept mètres, et compte un peu moins de deux mille habitants.
Trente-huit kilomètres de notre atelier.