Notre intervention à Thierrens
Thierrens a donné son nom à un épisode qui a changé la Suisse. En janvier mille sept cent nonante-huit, « l'affaire de Thierrens » sert de prétexte à l'entrée des troupes françaises ; quelques semaines plus tard, l'Ancien Régime a vécu et la République helvétique est proclamée. Le village, cité dès mille quatre, compte aujourd'hui quelques centaines d'habitants.
Il est le chef-lieu de Montanaire, commune née en deux mille treize de la réunion de neuf villages du Gros-de-Vaud. C'est ici que passent les démarches administratives pour l'ensemble du territoire — y compris les autorisations de travaux pour les toitures que nous reprenons dans les villages voisins.
Son église Saint-Martin, reconstruite au seizième siècle et sous laquelle on a mis au jour des sépultures du haut Moyen Âge, figure avec sa cure sur la liste cantonale des biens culturels d'importance régionale. Sur ce type d'édifice, la couverture ne se remplace pas : on dépose avec précaution, on trie ce qui peut resservir, on remplace à l'unité. Le chantier se chiffre au temps passé, et il faut accepter qu'il dure plus longtemps qu'une réfection ordinaire.
Le reste du village est agricole, sur les hauts du Gros-de-Vaud, à plus de sept cent septante mètres — une altitude où la neige tient. Les fermes y présentent de vastes pans d'un seul tenant, où la difficulté n'est pas la technique mais l'approvisionnement : monter plusieurs tonnes de tuiles sur une surface sans rupture demande une organisation que l'on prévoit avant de commencer.
Trente-cinq kilomètres de notre atelier.