Notre intervention à Avenches
Avenches a été la capitale de l'Helvétie romaine. Aventicum comptait alors plusieurs dizaines de milliers d'habitants, et il en reste l'amphithéâtre, des pans de muraille et un sous-sol dense en vestiges. Le bourg médiéval s'est installé dessus, sur la butte, à quatre cent huitante mètres.
Pour un chantier de toiture, cela ajoute une étape que l'on ne rencontre nulle part ailleurs dans notre secteur. Dès qu'une intervention touche le sol — pied d'échafaudage, ancrage, tranchée pour une descente d'eau — le service archéologique cantonal peut avoir son mot à dire, et le délai d'instruction s'ajoute à celui du permis. Nous en tenons compte dans le calendrier annoncé plutôt que de le découvrir en cours de route.
Le bourg lui-même est un ensemble serré de maisons mitoyennes aux toitures continues, inscrit à l'inventaire fédéral des sites construits d'importance nationale. Teinte et format de tuile s'y valident avant commande. Hors les murs, la commune redescend vers la plaine de la Broye et le lac de Morat, avec des fermes aux vastes toitures d'un seul tenant.
Le sous-sol impose aussi de la prudence en surface. Sur la butte, plusieurs bâtiments s'appuient directement sur des maçonneries antiques réemployées, dont la géométrie n'a rien de régulier. Un lattage posé au pas standard y laisse des écarts : nous relevons la charpente avant de commander les tuiles, jamais l'inverse.
Quatre mille huit cent septante-cinq habitants, à quinze kilomètres de notre atelier.