Notre intervention à Vevey
Vevey tient sur deux kilomètres carrés et demi. Avec vingt mille cent quarante-deux habitants, cela fait plus de huit mille personnes au kilomètre carré : c'est de très loin la commune vaudoise la plus dense où nous intervenons — deux fois Lausanne, et dix fois Montreux, sa voisine immédiate.
Un chiffre pareil se voit depuis le toit. Presque tout est mitoyen, les cours intérieures sont petites, et il n'existe pratiquement aucune parcelle où poser une nacelle sans empiéter sur la chaussée ou sur le terrain du voisin. L'autorisation d'occuper le domaine public, la signalisation, parfois la neutralisation d'une place de parc : ces démarches font partie du chantier et figurent dans l'offre, plutôt que de surgir en cours de route.
La mitoyenneté a une seconde conséquence, moins visible. Quand deux immeubles partagent un mur et que leurs toitures se rejoignent, la reprise d'un seul pan laisse toujours un raccord à traiter : noue, solin, bavette contre la maçonnerie voisine. C'est là que l'eau revient, presque jamais au milieu de la surface refaite à neuf.
Le bâti mitoyen pose enfin une question de limites. Quand une toiture continue d'un immeuble à l'autre, il faut savoir où s'arrête le pan que l'on refait et qui décide du reste. Nous le fixons noir sur blanc dans l'offre — la ligne exacte, le traitement du raccord, ce qui reste à la charge du voisin — avant de monter l'échafaudage. C'est le genre de précision qui ne coûte rien à écrire et qui évite les discussions une fois la dépose commencée.
Trois cent huitante-trois mètres d'altitude, à soixante et un kilomètres de notre base.