Notre intervention à Semsales
Semsales a vécu du verre. De mille sept cent septante-six à mille neuf cent quatorze, sa verrerie a compté jusqu'à trois cents ouvriers et fut l'une des principales de Suisse romande, avant de déménager au bord du Léman. Ce n'est pas un hasard si elle s'est installée ici : il fallait du bois, beaucoup, pour alimenter les fours — et la commune est aujourd'hui encore boisée à près de la moitié.
Cette activité a laissé un village plus étoffé que sa taille actuelle ne le laisserait croire, avec des logements ouvriers et des bâtiments d'exploitation bâtis en une même période. Comme partout où un parc s'est constitué d'un coup, ces couvertures vieillissent ensemble : quand l'une lâche, les voisines ont le même âge et souvent les mêmes faiblesses de rive.
L'autre donnée est l'altitude. Le village est à huit cent soixante-six mètres et la commune monte jusqu'à mille neuf cent quatorze, sur les contreforts du Niremont. À cette hauteur, la neige tient plusieurs semaines, la charge se calcule et les barres à neige cessent d'être un accessoire dès qu'un toit surplombe un accès. Le gel-dégel travaille les tuiles de rive une bonne partie de l'année.
Semsales apparaît dès mille cent septante-sept dans une bulle pontificale, sous le nom de Septem Salis, et un prieuré y accueillait vers l'an mille cent les voyageurs et les pèlerins.
Quarante-sept kilomètres de notre atelier, dans la Veveyse. Nous y venons pour des chantiers planifiés, hors des périodes à risque.