Notre intervention à Genthod
Les campagnes genevoises de Genthod datent des années mille sept cent vingt. La maison Lullin-de-Saussure, bâtie par l'architecte Jean-François Blondel et devenue en mille sept cent soixante-cinq la propriété d'Horace-Bénédict de Saussure, en est le meilleur exemple ; s'y ajoutent plusieurs demeures de la même époque et le domaine de Saugy.
Ces maisons ont en commun une forme de toiture que l'on ne rencontre presque plus ailleurs dans notre secteur : le comble brisé, à deux pentes superposées. Le brisis, très raide, porte les lucarnes ; le terrasson, presque plat, coiffe l'ensemble. C'est une géométrie exigeante. La ligne de bris est le point où deux plans de couverture se rencontrent à angle vif, avec une noue horizontale qui ne pardonne aucune approximation, et c'est là que les infiltrations apparaissent en premier. Le terrasson, faute de pente, évacue mal dès qu'une mousse s'y installe.
Sur ce type d'ouvrage, nous commençons donc par la ligne de bris et par les pieds de lucarne, pas par la surface courante. Et nous refusons de chiffrer depuis le sol : la seule façon de savoir ce qu'il en est est d'y monter.
La commune est petite — moins de trois kilomètres carrés pour près de deux mille neuf cents habitants — sur la rive droite du Léman, avec son port. Ancienne enclave protestante entourée de communes catholiques, elle est devenue genevoise en mille huit cent seize.
Cent kilomètres de notre atelier.