Notre intervention à Plan-les-Ouates
On surnomme Plan-les-Ouates « Plan-les-Watch », et le sobriquet dit vrai : la commune abrite plusieurs des plus grands noms de l'horlogerie suisse, ainsi que l'école d'horlogerie de Genève depuis deux mille vingt-trois. Un millier d'entreprises y totalisent plus de treize mille emplois, pour douze mille habitants.
Travailler sur une manufacture horlogère suppose d'accepter un cadre inhabituel. Ces sites sont fermés : les intervenants sont annoncés nominativement à l'avance, accompagnés, et l'accès à certaines zones est simplement refusé. Les photographies de chantier, que nous prenons partout ailleurs pour documenter un état, y sont souvent interdites. Il faut donc constituer le dossier autrement, avec des relevés écrits et des croquis, et prévoir un temps d'accès qui n'a rien à voir avec celui d'un immeuble ordinaire.
Le second point tient à la valeur de ce qui se trouve sous le toit. Une infiltration au-dessus d'un atelier d'assemblage ou d'un stock de composants ne se mesure pas en mètres carrés de membrane mais en production interrompue. Nous refusons donc de laisser une zone ouverte d'un jour sur l'autre : la mise hors d'eau est complète à chaque fin de journée, y compris si cela impose de fractionner davantage le chantier et de l'allonger. C'est une contrainte que nous annonçons avant de chiffrer, parce qu'elle a un coût.
La commune était un village de trois mille cinq cents âmes en mille neuf cent septante. Elle en compte aujourd'hui plus de douze mille, avec une croissance de vingt-deux pour cent sur la seule décennie écoulée. Le chemin de Saint-Jacques la traverse.
Cent onze kilomètres de notre atelier.