Notre intervention à Carouge
Carouge n'a pas grandi, elle a été dessinée. À la fin du dix-huitième siècle, le royaume de Sardaigne trace ici une ville neuve face à Genève : un plan en damier, des rues droites, des maisons basses et régulières organisées autour de cours intérieures. Deux siècles et demi plus tard le plan tient toujours, et il commande le travail sur les toits.
Le gabarit est uniforme — deux à trois niveaux, des toitures à deux pans de pente comparable, alignées d'un bout à l'autre d'une rue. Une réfection s'y voit donc immédiatement depuis la chaussée d'en face. Teinte, format et texture de la tuile ne sont pas un détail esthétique : un pan refait dans une nuance qui jure abîme l'alignement de toute la rue. Nous faisons valider l'échantillon avant de commander, systématiquement.
Les cours intérieures compliquent l'accès. Beaucoup de bâtiments n'ouvrent que sur la rue, et le matériel doit passer par le porche ou monter en façade. Cela se prépare et cela s'annonce, plutôt que de se découvrir le matin de la livraison.
Le plan en damier a une conséquence pratique agréable : les toitures sont simples. Peu de noues, peu de croupes, des pans rectangulaires de dimensions comparables d'une maison à l'autre. Un chantier s'y prévoit bien, et les surprises à la dépose y sont plus rares que sur un bâti accumulé au fil des siècles.
Vingt-deux mille quatre cent cinquante-neuf habitants sur deux kilomètres carrés et demi, à trois cent huitante-neuf mètres.