Notre intervention à Bernex
Bernex n'est pas une banlieue mais une campagne. Près de soixante pour cent de son territoire est agricole, ses armoiries portent trois grappes de raisin, et sa population se répartit entre sept villages — Bernex, Lully, Sézenove, Chèvres, Loëx, Challoux et Cressy — sur treize kilomètres carrés. C'est, avec huit cent cinquante habitants au kilomètre carré, l'une des communes les moins denses de l'agglomération genevoise.
Cette dispersion change la nature du travail. Les bâtiments ne sont pas mitoyens, l'accès se fait par des cours de ferme et des chemins agricoles, et les toitures rencontrées ne sont pas celles de la ville : de grands ruraux aux pans d'un seul tenant, des hangars, quelques dépendances viticoles. Sur ces surfaces, la difficulté n'est ni la pente ni la complexité mais l'approvisionnement — monter plusieurs tonnes de tuiles sur un toit sans rupture demande une organisation qui se prépare avant le premier jour.
L'église Saint-Maurice, bâtie entre mille huit cent soixante-quatre et mille huit cent soixante-cinq, conserve un riche décor néogothique et des vitraux remarquables ; elle est protégée depuis mille neuf cent nonante-six. Sur un tel édifice, la couverture se répare à l'identique, avec l'accord préalable du canton.
Le territoire monte du Rhône jusqu'au signal de Bernex, à cinq cent six mètres, deuxième point le plus élevé du canton de Genève.
Cent douze kilomètres de notre atelier.