Notre intervention à Chêne-Bougeries
Le temple de Chêne-Bougeries a un plan elliptique. Inauguré en mille sept cent cinquante-huit et protégé comme monument historique depuis mille neuf cent vingt et un, il doit cette forme à une conception protestante de l'assemblée, où chacun voit et entend depuis n'importe quel point.
Une ellipse, en couverture, n'a rien d'anodin. Contrairement à un plan rectangulaire, aucun chevron n'a la même longueur que son voisin, aucun rang de tuiles ne se répète, et les recouvrements varient continûment d'un bout à l'autre. Une réparation ponctuelle mal ajustée s'y voit immédiatement, et une réfection demande un relevé précis avant toute commande de matériau. Ce sont des ouvrages où l'on passe plus de temps à mesurer qu'à poser.
Le reste de la commune se lit en deux zones, et elles n'ont pas les mêmes toits. Le secteur de Conches est classé en zone de villas : maisons individuelles, terrains arborés, accès privatifs, et des couvertures de toutes les époques depuis le dix-neuvième siècle. Le quartier de la Gradelle relève au contraire de l'immeuble : grandes surfaces, faible pente, propriété collective et décisions d'assemblée. Deux façons de travailler, deux façons de chiffrer.
Quatorze mille trois cents habitants sur quatre kilomètres carrés, à quatre cent vingt mètres. La Grange Falquet figure elle aussi à l'inventaire des biens culturels.
Cent six kilomètres de notre atelier.