Notre intervention à Veyrier
C'est dans les carrières du Salève, sur le territoire de Veyrier, qu'a été identifié en mille huit cent trente-trois le premier objet magdalénien jamais reconnu comme tel : une tige de quatre pouces bordée d'épines travaillées de main d'homme. La préhistoire européenne a commencé là, dans une carrière de pierre.
Cette pierre a bâti la région. Le calcaire du Salève se retrouve dans les seuils, les encadrements, les chaînes d'angle et les couronnements du bâti ancien de la commune, comme dans une bonne partie de Genève. Pour un couvreur, cela compte : un couronnement de souche en pierre de taille ne se traite pas comme une maçonnerie enduite. Il travaille, se fissure aux joints, et laisse l'eau descendre dans le conduit sans qu'aucune trace n'apparaisse en toiture. Nous contrôlons donc les souches et leurs couvertines avant de conclure sur l'origine d'une infiltration.
La commune est au pied de la montagne, adossée à la frontière française, et compte douze mille habitants répartis entre quatre localités — Petit-Veyrier, Pinchat, Vessy et Sierne. Un peu plus de la moitié du territoire est bâtie, près d'un tiers reste agricole, et l'Arve en marque la limite nord.
Elle abrite un cimetière israélite à cheval sur la frontière, où reposent notamment l'écrivain Albert Cohen. Sa population a crû de dix-neuf pour cent entre deux mille dix et deux mille vingt-trois.
Cent huit kilomètres de notre atelier.