Notre intervention à Orsonnens
On a retrouvé dans le sol d'Orsonnens quantité de fragments de tuiles romaines. Pour un couvreur, la coïncidence est jolie : deux mille ans plus tard, le village est toujours défini par ses toits. Il figure à l'inventaire fédéral des sites construits d'importance nationale, ce qui veut dire que sa silhouette — l'alignement des faîtages, les matériaux, les teintes — est considérée comme un bien à préserver.
Concrètement, une réfection de couverture s'y prépare avant de se poser. Le choix de la tuile, sa teinte, le traitement des rives et jusqu'à l'implantation d'une fenêtre de toit se discutent avec la commune et le service cantonal. Nous intégrons cette démarche à l'offre, avec un délai réaliste : c'est le poste qui décale le plus souvent un calendrier, et le découvrir en cours de chantier coûte bien plus cher que de l'anticiper.
Le village s'est développé autour du Château d'En Haut et d'une église mentionnée dès mille cent trente-sept. L'édifice actuel, reconstruit en mille neuf cent trente-cinq et mille neuf cent trente-six, est considéré comme l'une des réussites majeures du renouveau de l'art sacré de l'entre-deux-guerres. Le château, lui, a abrité une école ménagère pendant près d'un siècle avant de devenir un monastère cistercien.
Le bourg a brûlé en mille quatre cent quarante-huit pendant les guerres entre Savoie et Habsbourg, puis s'est reconstruit sur place. Autour, le bâti est agricole : fermes glânoises aux vastes pans d'un seul tenant.
Depuis deux mille un, Orsonnens forme avec trois villages voisins la commune de Villorsonnens. Le nom reste celui du village. Trente et un kilomètres de notre atelier.