Notre intervention à Savigny
Savigny a brûlé deux fois. Son église a été reconstruite en mille cinq cent cinquante-quatre après l'incendie de mille cinq cent trente-huit, et sa cure relevée après un nouveau feu en mille six cent treize. Pour un village qui s'est séparé de Lutry en mille huit cent vingt-cinq, cette mémoire du feu vaut d'être rappelée : sur une charpente ancienne, une souche de cheminée mal entretenue reste aujourd'hui encore la cause la plus fréquente de sinistre.
Le sous-sol du lieu a fourni de quoi bâtir. Au dix-neuvième siècle, des carrières de molasse et de grès occupaient une vingtaine d'ouvriers, et cette pierre tendre se retrouve dans les souches, les encadrements et les couronnements du bâti ancien. Elle a un défaut : elle s'érode, se délite sous l'effet du gel, et laisse l'eau pénétrer par le haut d'une cheminée avant que quoi que ce soit ne se voie à l'intérieur. L'habillage métallique d'un couronnement traite la cause ; une reprise d'enduit ne fait que repousser l'échéance de quelques années.
La commune est vaste et peu bâtie : seize kilomètres carrés dont plus de neuf cents hectares agricoles et quatre cent cinquante hectares de forêt, pour trois mille cinq cents habitants. Elle occupe la partie occidentale du plateau supérieur, entre Lavaux et le Jorat, entre sept cent quinze et neuf cent six mètres, et compte plusieurs hameaux dispersés.
À cette altitude, la neige tient et les accès se compliquent en hiver. Nous planifions les chantiers de Savigny hors des périodes à risque.
Cinquante-deux kilomètres de notre atelier.