Notre intervention à Échallens
Échallens est le chef-lieu du Gros-de-Vaud, la région céréalière du canton. Ce n'est pas un décor : le blé y a sa fête depuis mille neuf cent septante-huit et son musée depuis mille neuf cent huitante-neuf, installé dans une ancienne ferme. Le bourg s'est construit autour de cette campagne, et le bâti agricole y reste dominant.
La ferme vaudoise est le volume qui revient le plus souvent : un seul bâtiment abritant le logement et la grange, sous une couverture continue de plusieurs centaines de mètres carrés. Beaucoup sont aujourd'hui transformées en habitations, et c'est là que notre métier change de nature. Une grange était un volume froid et ventilé ; un logement est un volume chaud. Isoler sous une telle toiture sans traiter la ventilation revient à déplacer le point de rosée dans la charpente et à condamner le bois à moyen terme. Nous chiffrons donc l'isolation et la ventilation ensemble, jamais l'une sans l'autre.
Le bourg lui-même garde son château, remontant au treizième siècle et reconstruit au quinzième, et quelques bâtiments classés autour de la place. Le train à voie étroite qui relie Lausanne à Bercher dessert trois arrêts sur la commune et explique la croissance du village en logements depuis trente ans : à côté des fermes, des toitures de villas récentes, qui ne demandent ni les mêmes matériaux ni la même approche.
Six cent dix-sept mètres, sur le plateau. Quarante-cinq kilomètres et demi nous en séparent : nous organisons le relevé en une seule visite complète. Notre chantier le plus proche est à Couvet, à trente-deux kilomètres.