Notre intervention à Meyrin
Meyrin est un cas à part dans notre secteur. C'est ici qu'a été bâtie, au tournant des années soixante, la première cité satellite de Suisse : des barres et des tours posées dans la campagne genevoise, conçues d'un seul tenant plutôt qu'accumulées au fil des siècles.
Le bâti qui en résulte ne ressemble à rien d'autre sur ce site. Là où Carouge ou Morges alignent des toitures à deux pans en tuiles, on trouve ici de grandes surfaces plates ou à très faible pente : étanchéité multicouche ou membrane, relevés en pied de mur, acrotères, évacuations intérieures. Ce n'est plus de la couverture, c'est de l'étanchéité — d'autres gestes, d'autres matériaux, d'autres points de contrôle.
Sur ces toitures, la fuite ne vient presque jamais du milieu de la surface. Elle vient d'un relevé décollé au pied d'un mur, d'une entrée d'eau pluviale obstruée, ou d'un joint de dilatation fatigué. Un contrôle annuel de ces trois points coûte peu et évite la reprise complète d'une membrane, qui coûte cher.
Ce bâti a un avantage que les toitures en pente n'ont pas : il se visite. Une surface plate se parcourt à pied, point par point, sans échafaudage ni nacelle. Un relevé y est donc plus rapide et plus sûr qu'ailleurs, et nous pouvons chiffrer une réfection sans rien laisser en zone d'ombre.
Vingt-sept mille habitants sur dix kilomètres carrés, à quatre cent quarante-trois mètres : le point le plus haut de nos communes genevoises.