Notre intervention à Lausanne
Lausanne compte cent quarante-quatre mille huit cent septante-trois habitants : cinq fois plus que n'importe quelle autre commune où nous intervenons, et davantage que tout le Littoral neuchâtelois réuni. Ce n'est pourtant pas le nombre qui change le métier ici, c'est la pente.
La ville est bâtie sur des collines, et les rues suivent le terrain plutôt que de le corriger. Sur un chantier lausannois, la question n'est presque jamais « combien de mètres carrés » mais « par où entre-t-on ». Une rue étroite, en pente et en sens unique décide de l'échafaudage, de la place du camion, parfois de l'heure à laquelle les tuiles peuvent être livrées.
Nous chiffrons donc l'accès comme un poste à part entière, visible dans l'offre. C'est la seule façon honnête de procéder : à surface égale, un chantier coûte plus cher dans la vieille ville qu'en périphérie, et l'annoncer d'avance vaut mieux que le découvrir ensemble une fois l'échafaudage commandé.
Une ville en pente a une particularité que l'on oublie souvent : les toits s'y regardent. Depuis la rue du dessus, depuis un immeuble voisin, depuis les hauts de la ville, une toiture lausannoise est vue de dessus bien plus qu'ailleurs. La teinte des tuiles, l'alignement des rangs et la propreté de la ferblanterie s'y remarquent, alors qu'en terrain plat personne ne les verrait jamais. Nous en tenons compte au moment de choisir un matériau de remplacement, surtout sur une réfection partielle où le neuf doit s'accorder à l'ancien.
Quarante et un kilomètres carrés, du bord du lac aux bois du Jorat : la commune couvre plusieurs mondes bâtis, de l'immeuble ancien mitoyen à la villa des hauts. Deux chantiers lausannois se ressemblent rarement.