Notre intervention à Yverdon-les-Bains
Yverdon-les-Bains est la commune vaudoise la plus proche de notre atelier : trente-trois kilomètres, et surtout le même lac. La ville occupe la pointe sud du lac de Neuchâtel, là où l'Orbe et la Thièle se jettent. C'est la même eau, le même brouillard d'hiver et la même humidité que sur le Littoral neuchâtelois où nous travaillons chaque semaine.
Cela se lit sur les toits. Les pans nord se chargent de mousses au même rythme qu'à Cortaillod ou à Colombier, et le démoussage y revient à la même fréquence. Nous n'avons rien à réapprendre en passant la frontière cantonale : les tuiles vieillissent ici comme là, et les chéneaux se curent pour les mêmes raisons.
La ville est bâtie sur la plaine de l'Orbe, un ancien marais drainé au dix-neuvième siècle. Le sol est meuble et certains bâtiments anciens ont travaillé. Une charpente qui a suivi un léger tassement ne se remet pas d'aplomb à la pose des tuiles : elle se compense au lattage, et cela se relève avant de chiffrer, jamais après la dépose.
Trente mille deux cent nonante-deux habitants sur onze kilomètres carrés, à quatre cent trente-cinq mètres, soit le niveau du lac lui-même.