Notre intervention à Riaz
L'hôpital de Riaz est un livre d'histoire de la couverture. Fondé par souscription publique en mille huit cent septante et un, il s'installe au village en mille huit cent huitante-cinq dans la maison d'un ancien conseiller d'État, puis s'agrandit par étapes : une aile en mille neuf cent vingt-huit, une deuxième en mille neuf cent cinquante-huit, une troisième en mille neuf cent soixante-cinq, une extension des urgences et de la radiologie en mille neuf cent nonante-trois.
Cinq époques de construction sur un même site, donc cinq façons de couvrir : une maison de maître du dix-neuvième, des ailes d'après-guerre à faible pente, des volumes techniques des années soixante, une extension récente en étanchéité. Sur ce genre d'ensemble, le piège n'est jamais la surface courante mais les jonctions — là où une aile de mille neuf cent cinquante-huit vient buter contre un mur de mille huit cent huitante-cinq, avec un solin repris trois fois. C'est par là que l'eau entre, et c'est par là que nous commençons un diagnostic.
Un bâtiment de soins impose en outre ses propres règles. On ne coupe pas l'alimentation d'un service, on ne fait pas de bruit sous une chambre à n'importe quelle heure, et chaque zone ouverte doit être remise hors d'eau le soir même. Ces contraintes s'anticipent au moment du planning, pas en cours de chantier.
Le reste de la commune est un village gruérien classique, à sept cent vingt-six mètres, entre Bulle et Marsens, avec ses fermes aux vastes pans d'un seul tenant.
Quarante kilomètres de notre atelier.