Notre intervention à Broc
Broc a brûlé en mille huit cent nonante : les deux tiers du village ont disparu. Huit ans plus tard, Alexandre Cailler y fondait sa chocolaterie, attirée par l'eau pour la force motrice, le bois pour les caisses et le lait des fermes alentour. En mille neuf cent vingt, l'usine traitait onze millions de litres de lait par an et pouvait expédier vingt tonnes par jour. La population est passée de quatre cent cinquante habitants à plus de deux mille.
Ces deux faits — l'incendie puis l'usine — expliquent l'essentiel de ce que nous voyons sur les toits. Le village a été reconstruit d'un coup, puis complété de logements bâtis pour le personnel de la fabrique. Il en résulte un parc étonnamment homogène : des couvertures posées dans une même période, avec les mêmes matériaux et les mêmes détails de rive. Elles arrivent aussi en fin de vie ensemble, et c'est pourquoi nous conseillons ici un contrôle même lorsque rien ne fuit : quand la maison voisine lâche, la vôtre a le même âge.
Il subsiste du bâti plus ancien — un château du douzième siècle, la chapelle Notre-Dame des Marches, la trace d'un prieuré bénédictin mentionné en mille deux cent vingt-huit. Ces édifices relèvent d'un autre travail : dépose conservatoire, remplacement à l'unité, accord préalable.
Le village est au pied de la Dent de Broc, à sept cent dix-huit mètres, entre le lac de la Gruyère et l'entrée de l'Intyamon. Un chemin de fer à voie étroite le relie à Bulle depuis mille neuf cent douze.
Quarante-six kilomètres de notre atelier.