Notre intervention à Cheyres
Cheyres est bordée par la Grande Cariçaie, la longue bande de marais qui suit la rive sud du lac de Neuchâtel. Le village a sa gare, son port et une plage de sable coincée entre la réserve naturelle et les installations portuaires ; chaque été, un festival s'y installe pour quelques jours.
Cette proximité de la roselière a une conséquence directe sur les toitures. L'air y reste chargé d'humidité une bonne partie de l'année, et un pan qui ne prend pas le soleil ne sèche jamais complètement. Les mousses et les lichens s'installent vite, retiennent l'eau contre la tuile, et le gel fait éclater ce que l'humidité a fragilisé. Sur ces bâtiments, un démoussage isolé ne règle rien : c'est la ventilation de la couverture qu'il faut regarder, et souvent la sous-couverture qu'il faut reprendre.
La réserve impose aussi un calendrier. À proximité immédiate des zones protégées, certaines interventions bruyantes ou lourdes ne se planifient pas n'importe quand dans l'année. Nous en tenons compte au moment de fixer les dates plutôt que de le découvrir en arrivant.
Le bâti mêle un noyau villageois ancien, des maisons de vigneron sur le coteau qui monte derrière le village, et des constructions de vacances près de l'eau. Trois types de toitures, trois façons de chiffrer.
Depuis deux mille dix-sept, Cheyres forme avec Châbles une seule commune. Le nom du village reste celui de la gare, du port et des adresses. Vingt-deux kilomètres de notre atelier, sur l'autre rive.