Notre intervention à Marsens
Le vingt novembre mille huit cent septante-cinq, après près d'un demi-siècle de débats parlementaires, le canton ouvrait à Marsens son établissement de soins psychiatriques. Cent cinquante ans plus tard, le site est toujours là, dans un village de deux mille cent habitants dont les deux tiers du territoire restent agricoles.
Un site de soins en activité ne se traite pas comme un bâtiment ordinaire. Les patients y résident, parfois pour de longues périodes, et une toiture se reprend sans que la vie du lieu s'arrête. Cela veut dire des horaires négociés, des zones ouvertes limitées, une remise hors d'eau chaque soir, et un balisage qui tient compte de personnes qui ne sont pas des ouvriers de chantier. Nous préparons ce cadre avec l'institution avant de monter le premier échafaudage, et nous le faisons figurer dans l'offre : c'est du temps, et le cacher ne rendrait service à personne.
Autour, le bâti est celui de la Gruyère : fermes aux grandes toitures d'un seul tenant, quelques maisons villageoises, et le château baillival de Vuippens, l'autre localité de la commune — les deux villages n'en forment plus qu'un depuis deux mille un.
Marsens est à sept cent vingt-deux mètres, à cinq kilomètres de Bulle, avec vue sur les Préalpes fribourgeoises. L'altitude et la position en pied de versant donnent des hivers francs : la neige tient, et les chéneaux exposés au nord gèlent avant les autres.
Trente-huit kilomètres de notre atelier.