Notre intervention à Fétigny
Fétigny est un village de terres. Sur ses quatre kilomètres carrés, plus des trois quarts sont agricoles, et le bâti se résume pour l'essentiel à un noyau villageois et à ses fermes. C'est le type de commune où la toiture qui compte n'est pas celle d'une villa mais celle d'un rural : plusieurs centaines de mètres carrés d'un seul tenant, une charpente qui porte des charges de stockage, et un entretien qu'on repousse tant qu'il ne pleut pas dedans.
Sur ces bâtiments, nous commençons toujours par la charpente. Une couverture de rural a souvent été reprise deux ou trois fois, avec des matériaux différents et des sous-couvertures d'époques diverses ; l'état du bois, des pannes et des entraits en dit plus long que celui des tuiles. Un chiffrage établi sans cette vérification se révèle faux dès la dépose.
Le village est occupé depuis longtemps — on y a mis au jour une tombe de l'âge du bronze, une villa gallo-romaine et une nécropole burgonde — et cité dès mille cent quarante-deux. Sa chapelle des Dix Mille Martyrs, mentionnée au quatorzième siècle, a été rebâtie au début du seizième puis remplacée en mille sept cent cinquante-cinq. L'église actuelle, elle, date de mille neuf cent quarante-huit : une construction d'après-guerre, dont les matériaux et les modes constructifs n'ont rien à voir avec ceux du noyau ancien.
Depuis le premier janvier deux mille vingt-six, Fétigny forme avec Ménières la commune de Fétigny-Ménières. La fusion est toute récente et le nom du village reste celui que tout le monde emploie.
Quatre cent cinquante-huit mètres, à vingt-deux kilomètres de notre atelier.