Notre intervention à Courtepin
Courtepin est posée sur la frontière des langues. Le village est francophone, ses voisins immédiats de Cormondes et de Chiètres sont alémaniques, et la commune elle-même compte les deux. C'est une réalité quotidienne dans le Lac fribourgeois, et elle a une conséquence pratique sur un chantier : les documents, les voisins et parfois l'administration ne parlent pas tous la même langue.
Le village s'est développé autour de son industrie agroalimentaire, qui emploie une bonne partie de la région. Cela se voit sur les toits : à côté du bâti villageois et des quartiers résidentiels, on trouve de grandes halles industrielles aux surfaces plates ou à très faible pente, en membrane, avec des équipements techniques posés dessus et des évacuations intérieures.
Ces deux mondes ne demandent ni le même relevé ni le même entretien. Sur une halle, le contrôle porte sur les traversées et les relevés en pied d'acrotère, une fois par an. Sur une maison, il porte sur les rives, le faîtage et les chéneaux, après l'hiver et après les coups de vent.
L'activité industrielle a une autre conséquence : une part du bâti résidentiel a été construite vite, dans les décennies de croissance, avec les matériaux de l'époque. Les tuiles béton des années septante y sont nombreuses, et elles vieillissent moins bien que la terre cuite — elles se gélivent et se couvrent de mousse plus tôt.
Cinq mille quatre cent cinquante et un habitants, à cinq cent soixante-six mètres, NPA 1784, à vingt et un kilomètres de notre atelier.